ENVIRONNEMENT ET TOURISME

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L'Église Paroissiale Notre-Dame-De-L 'Assomption

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L'église paroissiale de Sainte-Marie-de-Ré possède une histoire mouvementée où se mêlent nombre de faits légendaires.

D'après le Docteur KEMMERER, historien local du siècle dernier, le bâtiment a été édifié sur l'emplacement du château d'Eudes d'Aquitaine. Ce dernier, s'y serait retiré pour y finir ses jours après la bataille de Poitiers contre les arabes (732).
Bien que cette affirmation, contraire aux éléments historiques connus, repose sur un texte apocryphe rédigé dix siècles plus tard, elle reste encore véhiculée.

L'affaire du tombeau d'Eudes d'Aquitaine rebondit en 1954. Un radiesthésiste parisien en vacances sur l'île affirme qu'il existe une "crypte mortuaire sous le clocher contenant deux corps de hauts dignitaires datant de l'époque de Charlemagne". L'un deux serait même enterré dans un cercueil en or doublé par un cercueil en plomb.
Dans les années 1980, l'ancien maire voulut retrouver le tombeau et fit dégager le pied de l'escalier du clocher. On atteignit le sol du XlXe siècle, mais aucune trace antérieure. Dommage pour la légende et les chercheurs !

Même sans Eudes d'Aquitaine, l'église de Sainte-Marie-de-Ré peut s'enorgueillir d'une histoire particulièrement mouvementée.
Au début du Xle siècle, Ré, comme le continent proche, bénéficie de la part des Comtes de Poitou de mesures favorables au repeuplement de ces terres dévastées par les invasions normandes.
Sainte-Marie est, avec Saint-Martin et Ars, l'une des trois plus vieilles paroisses de l'île de Ré et s'étendait alors sur les territoires des communes actuelles de Rivedoux et La Flotte. Dès le Xlle siècle, l'église de Sainte-Marie existe et se trouve mentionnée dans plusieurs textes. Sans que l'on en connaisse l'origine, la cure est rattachée à l'abbaye Notre-Dame de Sablonceaux (près de Saujon au sud de la Charente-Maritime) et, jusqu'à la Révolution, tous les curés de Sainte-Marie proviendront de cette abbaye. Ainsi, à une époque où le clergé des paroisses rurales est souvent peu lettré, les curés de Sainte-Marie seront souvent de brillants intellectuels.

L'insécurité chronique des premiers siècles du Moyen-Age, puis la guerre de Cent Ans, ont conduit les habitants à fortifier l'église afin quelle puisse servir de lieu de refuge et résister à un assaut passager. Des maisons appartenant au Prieur sont d'ailleurs rasées pour creuser les douves.

Au cours du XlVe siècle, des talus, puis des "hauts murs" avec douves sont édifiés autour de la place actuelle (le fossé suivait l'emplacement des maisons entourant la place, d'où la présence de caves fort nombreuses).
Pendant la guerre de Cent Ans, l'église et la place étaient ceinturées par de hauts murs avec tours, douves et pont-levis dont les habitants assuraient la garde.

Lors des troubles religieux de 1574, les troupes protestantes commandées par le rochelais François de La Noue mettent à feu tous les édifices catholiques de l'île. L'abbaye des Chateliers sera entièrement détruite et ne s'en remettra pas. L'église de Sainte-Marie sera pillée et ses voûtes seront presque totalement détruites.

En 1610, le bâtiment est restauré et, pour le première fois, couvert d'une charpente avec tuiles.
En 1622, les hostilités ont repris. Le bâtiment souffre de nouveau. En 1625, la situation devient trop risquée, le curé abandonne son église pendant près d'un an.
En 1627, après la déroute des anglais et la fin des hostilités, l'église est recouverte à neuf.
En 1671, l'évêque ordonne de rabaisser les murs du château afin de dégager les fenêtres. Malgré la fin des troubles, il faudra attendre 1684 pour que les murs soient rasés. Les pierres seront utilisées pour construire un mur autour du cimetière et daller l'intérieur de l'église.
En 1699, la façade est complètement reprise avec l'ouverture de trois portes au lieu d'une.
En 1853, différents projets de restauration et à la fois de reconstruction et d'agrandissement de l'église se succèdent. Les travaux commencent enfin en 1862 : reconstruction de la façade, construction et agrandissement du choeur, mise à niveau de l'intérieur avec le sol de la place (comblement d'environ 2 m), réfection de la charpente du clocher.
La mise à niveau intérieure a rendu inaccessible les nombreuses tombes qui parsemaient les allées.

Après de tels remaniements, il ne reste que peu d'éléments de l'édifice médiéval. Le clocher avec sa très belle flèche gothique date du XlVe siècle. Il abrite trois cloches. La plus petite date de 1775 et provient d'un bateau suédois probablement naufragé.
L'ex-voto du Petit-Courrier de l'île d'Yeu qui a fait côte à la Chavèche dans la nuit du 28 décembre 1961 rappelle, lui aussi, que nos rivages n'étaient pas toujours hospitaliers.

Le point de vue exceptionnel obtenu du haut du clocher permet de comprendre pourquoi, pendant des siècles, il a été utilisé comme poste de surveillance maritime : le promenoir situé à une vingtaine de mètres de hauteur permet d'apercevoir des navires à plus de 20 km.
Le visiteur découvre également la structure ancienne du village et ses différents quartiers : Bourg-Chapon (au sud-est), la Burelière (devenu Beurelière), le Canton, le Petit-Village, le Grand-Village, les Parées, La Noue.
D'un coup d'oeil, la mémoire d'un pays resurgit : la côte avec ses écluses, la mer avec ses naufrages, Rivedoux, La Rochelle au loin, La Flotte ...

Jacques BOUCARD

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